Le sacrement de pénitence et de réconciliation, appelé aussi sacrement de confession, est l’un des sept sacrements dans l’Église catholique. Il a pour objectif que Dieu puisse pardonner les péchés au pénitent. Retour sur les origines de ce rite qui remonte au début de la Chrétienté.

Quelle différence y-a-t-il entre confession, réconciliation et pénitence ? Pourquoi se confesser à un prêtre et pas directement à Dieu ? Pour quelles raisons la confession, commune aux chrétiens, se manifeste différemment chez les catholiques et les protestants ? Ce dimanche 13 juin, Dieu m’est témoin s’interroge sur le sens de la confession chez les chrétiens. Marie Lesure-Vandamme recevra sur le plateau, le pasteur Jean-Pierre Anzala, pasteur de l’Eglise Protestante Unie de France, et le père Philippe Guiougou, vicaire du diocèse de Saint-Denis, en région parisienne. Au-delà de la dimension sacramentelle, ils nous rappelleront comment la confession nourrit la foi des chrétiens. C’est l’occasion de revenir sur les origines de ce rite.

Exceptionnelle pour les premiers chrétiens

La confession remonte au début de la chrétienté. C’est au IIIe siècle environ que le sacrement se répand, sous la forme d’un acte public, effectué après l’aveu de la faute à l’évêque. Le pécheur doit alors s’imposer une série d’interdits, généralement jusqu’au Jeudi saint. Ces contraintes sont la privation des sacrements (dont l’eucharistie), le jeûne, l’obligation de faire aumône ainsi que quelques interdits concernant la vie conjugale et sociale.

Selon saint Augustin, confesser, cela signifie « faire la vérité », et implique surtout la discipline et l’humilité de la vérité.

Aux environs du VIIe siècle, une nouvelle discipline va se répandre à partir des monastères celtes et anglo-saxons : le prêtre entend la confession en privé, et requiert des pénitences adaptées à la faute. L’absolution n’est accordée qu’à l’issue de ces pénitences.

Une fois par an à partir du XIIIe siècle

Vers la fin du XIIe siècle, l’aveu prend de l’importance : il tend à suffire pour permettre l’absolution, donnée immédiatement à l’issue de la confession. Le prêtre indique tout de même une pénitence légère, la satisfaction, dont le pécheur doit s’acquitter.

Le canon 21 du concile de Latran IV (1215) prescrit la confession annuelle : « Tout fidèle de l’un ou l’autre sexe parvenu à l’âge de discrétion doit lui-même confesser loyalement tous ses péchés au moins une fois l’an à son curé, accomplir avec soin la pénitence à lui imposée et recevoir avec respect, au moins à Pâques, le sacrement de l’eucharistie ».

Un coup de baguette

À Rome se développe une pratique intense du sacrement de réconciliation notamment à l’occasion des jubilés à partir de 1300. Ces jubilés sont l’occasion de recevoir des indulgences plénières. Le sacrement de la pénitence et de la réconciliation prend alors une place plus importante, en témoignent encore aujourd’hui les nombreux confessionnaux qui accueillent les pénitents dans diverses langues dans les basiliques romaines. Une tradition, en usage jusque dans les années 1960, voulait que le confesseur renvoie le pénitent d’un coup de baguette, d’une longueur d’environ 1,80 mètre. Ce geste rappelait la manumissio vindicta, le geste d’affranchissement des esclaves romains et signifiait que les pénitents étaient libérés de leurs péchés10.

Au XXIe siècle, l’encouragement de la confession est toujours aussi présent à Rome, comme en ont témoigné le jubilé de la Miséricorde, organisé par le pape François et l’initiative des 24 heures pour le Seigneur, qui a lieu chaque année pour le Dimanche de Laetare pendant le Carême.