Qu’est-ce que le péché ? Comment le différencier de la faute ? Quels liens entretenons-nous avec lui depuis la Genèse ? Et Pourquoi oublions-nous souvent qu’il s’agit d’abord d’une fissure dans notre relation à Dieu ?

Ce sera le thème de notre émission, ce dimanche 6 juin. Dieu m’est témoin reprend en effet sa catéchèse cathodique et propose pour cette thématique autour du péché, un regard œcuménique. Le pasteur Jean-Pierre Anzala et le frère Eric-Thomas Macé, dominicain, se retrouveront une nouvelle fois ensemble sur le plateau et répondront à toutes ces questions. L’occasion de se pencher sur l’origine et la signification de ce mot de péché, qui est souvent galvaudé dans le langage courant.

Une définition très simple

Selon le Catéchisme de l’Église catholique, le péché est une offense faite à Dieu : « Contre toi, toi seul, j’ai péché. Ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait » (Ps 51, 6). Le péché se dresse contre l’amour de Dieu pour nous, et en détourne nos cœurs. Le péché est donc un manque d´amour envers Dieu, envers son prochain et envers soi-même. C’est une action, ou une intention, voire une parole dite, en toute liberté, pour commettre le mal. Il entraîne, pour celui qui l’a commis un éloignement de la justice, de la vérité, de Dieu qui est amour. Dans la religion catholique, on distingue trois formes de péché.

Le Péché mortel
Le péché mortel est une désobéissance à la loi divine par laquelle on manque gravement à ses devoirs envers Dieu, envers le prochain et envers soi-même. Pour constituer un péché mortel, outre la gravité de la matière, il faut la pleine connaissance de cause et une réelle volonté de le commettre. Ce péché pour être pardonné nécessite une réconciliation sacramentelle par laquelle le baptisé est à nouveau et pleinement admis dans la communion de l’Eglise.

Le Péché originel
Le péché originel désigne spécifiquement l’acte par lequel l’homme a fait pour la première fois rupture avec Dieu. Il désigne par extension notre refus, sous de multiples formes, d’être conduit par Dieu. L’homme veut être son propre maître, sa propre fin et prendre la place de Dieu, il brise alors sa relation au Dieu Créateur.

Le Péché véniel
Tous les péchés n’ont pas la même gravité. Il y a des pensées, des paroles, des actions et des omissions que la conscience réprouve. La tradition les appelle péchés “véniels”, ce qui signifie “pardonnables”. Un acte de charité, un véritable regret, obtiennent le pardon de ces péchés.

Ne pas perdre la conscience du péché

Si l’on n’en prend pas garde, chacun peut glisser lentement vers une tentation assez banale, celle de se complaire dans une vie paisible malgré ses péchés, plus ou moins graves“, a récemment rappelé le pape François . “L’esprit du monde » conduit souvent à ne pas se rendre compte de la portée de ses actes”, a-t-il poursuivi.
Il semble malheureusement, selon le souverain pontife, que “de bonnes personnes” agissent ainsi, des catholiques qui “vont à la messe tous les dimanches“. La raison est toute simple, a-t-il souligné : elles ont “glissé dans un état où elles ont perdu la conscience du péché”. Comme le disait le pape Pie XII , a-t-il encore rappelé, il s’agit là de “l’un des maux de notre temps”.